Né à Bruxelles le 26 avril 1956, François Schuiten se passionne dès l’enfance pour la bande dessinée. Son père, Robert Schuiten, architecte reconnu, cultive son goût pour les beaux-arts, et lui enseigne le dessin dans l’espoir de le voir devenir lui-même architecte.
A 16 ans, il publie son premier récit, intitulé Mutation (une histoire courte entièrement dessinée au bic), dans l’édition belge du journal Pilote. Il rencontre ensuite Claude Renard à l’atelier de bande dessinée lors de ses études supérieures à l’Institut Saint-Luc à Bruxelles et avec qui il réalisera 2 albums chez Les Humanoïdes Associés regroupés sous le titre Métamorphoses (réédités en 2007 chez Casterman) : Aux Médianes de Cymbiola et Le Rail. Il publie en 1977 ses premiers récits, Les Terres Creuses, en collaboration avec son frère (architecte également), Luc Schuiten, dans le journal Métal Hurlant. Une série de 3 albums chez Les Humanoïdes Associés en découlent : Carapaces, Zara (initialement appelé La Terre creuse) et Nogegon. En parallèle de cette première série, il travaille avec son ami d’enfance, Benoît Peeters à la série Les Cités Obscures. C’est en 1983 que naît leur premier récit : Les Murailles de Samaris, publié dans le mensuel (À Suivre). S'en suivront une vingtaine d'albums, dont la plupart aux éditions Casterman. La série des Cités Obscures, aujourd’hui traduite en une dizaine de langues, est couronnée de succès et reçoit de nombreux prix. Elle reste considérée comme l’une des séries majeures de ces dernières décennies. L'album La Fièvre d'Urbicande reçoit le prix du Meilleur album au Festival d'Angoulême en 1985. En 2002, récompensé pour toute son œuvre, François Schuiten obtient alors la consécration suprême pour tout dessinateur, le Grand prix de la ville d'Angoulême.
Benoît Peeters and François Schuiten
Outre ses travaux de dessinateur de bande dessinée, François Schuiten se bat pour la conservation du patrimoine culturel et architectural belge. Avec Benoît Peeters et la Commune de Schaerbeek, il fait rénover la première maison Art Nouveau de Victor Horta à Bruxelles, La Maison Autrique. A côté de cela, Schuiten réalise aussi beaucoup d'illustrations (une dizaine de timbres pour La Poste belge, d'innombrables affiches, sérigraphies, lithographies et autres illustrations comme vous pouvez le voir sur ce site), du cinéma et de la scénographie. Il a collaboré à la conception graphique de plusieurs films, dont Taxandria de Raoul Servais, et est coauteur d'une des premières série animée en images de synthèses, Les Quarxs de Maurice Benayoun. En lien avec la série des Cités Obscures, il a co-scénarisé, avec Benoît Peeters, deux docu-fictions : Le Dossier B. (1995, chez Les Impressions Nouvelles) et L’Affaire Desombres (2002, chez Casterman). Très actif dans le domaine de la scénographie, il a conçu (entre autres) celles de l’exposition Le Musée des Ombres à Angoulème en 1990, des stations de métro Arts et Métiers à Paris et Porte de Hal à Bruxelles, ainsi que plusieurs pavillons d’expositions universelles : pavillon du Luxembourg à Séville, parc thématique des utopies à Hanovre –qui a accueilli cinq millions de visiteurs– et pavillon belge à l’exposition mondiale d’Aichi (Japon). Il a également scénographié divers spectacles d’opéra et de danse dont l'opéra de Rossini, La Cenerentola, présenté à La monnaie à Bruxelles et à l'Opéra de Lyon. Il a participé à la conception graphique de divers films dont Mister Nobody de Jaco Vandormael. En parallèle, il s’investit pendant une dizaine d’années dans la conception et la scénographie du nouveau musée du train à Schaerbeek (Bruxelles), le Train World, projet passionnant qui lui tient particulièrement à cœur. Fin 2016, s'ouvre aux Musée des arts et métiers à Paris l'exposition Machines à dessiner, fruit d'une collaboration avec son scénariste de toujours, Benoît Peeters. Construite autour de la confrontation entre les collections scientifiques et techniques du Musée des arts et métiers et une large sélection de travaux graphiques, cette exposition invite à découvrir l'imaginaire singulier des deux comparses. Durant l'été 2017, la ville de Cherbourg en France, à l'occasion de la Biennale du 9è Art, rend hommage à un des pères fondateurs de la bande dessinée, Winsor McCay. Pour le coup, le duo Schuiten/Peeters conçoit et scénographie l'exposition qui lui rendra hommage, Winsor McCay, de Little Nemo au Lustitania. Là encore, le succès est au rendez-vous.
En 2019, François Schuiten sort l'album Le dernier pharaon (chez dargaud). Un hors-série, en hommage aux aventures de Blake et Mortimer mais dans un style propre qui n'est pas une copie du dessin de Edgar P. Jacobs. L'album est réalisé avec Jaco Van Dormael et Thomas Gunzig au scénario ainsi que Laurent Durieux, avec qui F. Schuiten collabore de plus en plus, pour la mise en couleur. Parallèlement à ce projet, François Schuiten fait partie de la mission ScanPyramids menée par l'ingénieur Mehdi Tayoubi. Il s'agit d'une expédition scientifique en Egypte où archéologues et autres spécialistes descendent au centre de Khéops pour percer le mystère de la plus grande des pyramides, unique vestige des Sept Merveilles du monde.
En 2023, après avoir raccroché la série des Cités obscures, il publie avec son acolyte de toujours, Benoît Peeters, Le retour du Capitaine Nemo (Ed. Casterman), sous la forme d'un livre d'illustrations. Toujours avec B. Petters, François Schuiten met en scène une conférence-spectacle du même nom qui aura été présenté dans plusieurs grandes villes (Bruxelles, Brest, Peigord et Bordeaux). Et en 2024, après 7 ans de travail avec le sculpteur Pierre Matter, à la demande de la Ville d'Amiens, il présente le Nauti-Poulpe, sculpture monumentale en bronze (10m de long, 7m de haut, 12 tonnes) pour commémorer le 120è anniversaire de l'illustre Jules Verne. La Nauti-Poulpe s'est arrêtée quelques semaines à Bruxelles, Place Poelaert, et est désormais installée pour de bon à Amiens.
En 2024, il participe avec l'artiste street-art Wen2 à la réalisation d'un mur peint au Mans.
Toujours avec le sculpteur Pierre Matter, François Schuiten travaille à la réalisation d'une nouvelle sculpture monumentale, le Moby Train. Cette fois destinée à être installée aux portes de Bruxelles, sur le rond-point du Pont Van Praet.
François Schuiten travaille actuellement, entres autres, à la scénographie de la futur Gare du Pont de Sèvre dans le cadre du titanesque projet du Grand Paris Epxress.